La Roque Saint-Christophe: un sanctuaire pour la nature

Parce qu’elle protège l’Homme et la nature depuis la préhistoire, la falaise de la Roque Saint-Christophe en Périgord va obtenir cette année le statut de refuge LPO pour protéger les oiseaux. En préservant un site millénaire où l’Homme s’est installé il y a 55 000 ans, l’équipe de ce haut lieu touristique de la vallée de la Vézère a acquis un savoir-faire écologique qu’il va aujourd’hui étendre au maintien des espèces.

La protection de la nature est un parti pris ancien pour le site de la Roque Saint-Christophe qui se voit récompensé une première fois en 2016. Cette année-là, la cité troglodytique obtient le label NF Environnement pour les sites de visite, devenant ainsi pionnière en Dordogne pour faire de l’écologie un enjeu touristique majeur .

Économies d’énergie pour l’éclairage et le chauffage, une gestion vertueuse de l’eau grâce à des débits restreints, des emballages en papier recyclé, une politique d’achats durable à la boutique privilégiant les produits fabriqués localement, toute l’équipe du site agit en commun pour respecter les critères exigeants demandés pour mériter ce label. Allant même jusqu’à confier à des moutons la tonte « douce » des espaces verts.

Cette année en devenant refuge LPO, la Roque Saint -Christophe va valoriser un de ses atouts: ses nombreuses cavités rocheuses et son orientation, lui confèrent une couverture végétale diversifiée créant de multiples niches écologiques favorables à la faune et celle-ci est surtout constituée d’oiseaux.

L’espèce emblématique de la Roque est le Faucon pèlerin. Un couple se reproduit avec succès depuis plusieurs années. Cette espèce, qui fut au bord de l’extinction dans les années 1970, a vu ses effectifs augmenter et recoloniser des sites favorables. Le Faucon crécerelle niche également ici et devant la falaise évoluent les Milans noirs, les Buses variables, le Faucon hobereau, l’Épervier d’Europe ou encore la Bondrée apivore!
Les rapaces nocturnes sont aussi bien représentés comme la Chouette effraie ou le Moyen-duc.
D’autres espèces rares peuvent être observées.
Le Tichodrome échelette aux ailes rouge vermillon est présent certains hivers, évoluant sur les parois à la recherche d’insectes. L’Accenteur Alpin, visiteur hivernal lui aussi, fréquente les affleurements rocheux ensoleillés.
Aujourd’hui dans un monde où l’homme agresse quotidiennement son environnement naturel, rendre cet immense mur de calcaire aux oiseaux et à la bio diversité est un juste retour des choses pour ce lieu qui a été si souvent dans l’histoire un refuge pour les humains.