Histoire de famille, histoire de falaise

Depuis le XIXe siècle, le nom de la Roque Saint-Christophe est indissociable de celui de la famille Touron… Une véritable dynastie en Périgord noir, qui se prépare à confier la destinée du « vieux rocher » à sa 4e génération.

Si l’histoire humaine de la falaise commence il y a 55 000 ans, celle de sa mise en valeur et de son rôle joué sur la scène de la médiation patrimoniale remonte à 1938. Cette année-là, le site qui appartient à la famille Touron depuis le siècle précédent devient la propriété de Gabriel.

Dans un premier temps intéressé par les fouilles préhistoriques entreprises au pied du rocher, ce dernier va en découvrir les secrets au hasard d’une promenade dans les bois.

Un trésor troglodytique

Gabriel Touron s’aventure alors sur une étroite bande rocheuse et entraperçoit à travers une végétation très dense de nombreux aménagements, avec notamment un escalier monolithique de 32 marches… Il venait de faire resurgir du passé l’histoire troglodytique de la falaise !

La cité était certes connue des habitants de la vallée, mais la partie forteresse n’avait jamais été explorée. Gabriel s’engage alors dans un travail de titan pour dégager une partie des parois. Il aménage même in situ une petite « résidence secondaire » où les membres de la famille partagent des week-ends besogneux…

Si la Roque reçoit ses premiers visiteurs avant la Seconde Guerre mondiale, c’est après celle-ci, dès 1952, que la falaise prend un véritable essor touristique.

Mise en valeur touristique

Mais le public ne peut visiter qu’une zone très restreinte de la cité et du fort… Il faut attendre l’arrivée de Jean-Max, fils de Gabriel, pour que la falaise livre les mystères de sa configuration médiévale.

Spécialiste des travaux acrobatiques, celui-ci poursuit l’œuvre paternelle. Il retire la végétation qui nuit encore beaucoup à la cohérence architecturale de l’ensemble, purge les zones à risque, protège les niveaux archéologiques inférieurs et apporte tous les aménagements de sécurité et de confort pour le public après que les années 1970 aient vu exploser le nombre de visiteurs.

En parallèle, il agrandit le patrimoine familial avec l’acquisition, la mise en valeur et l’exploitation de nouveaux sites dont, à proximité directe de la Roque Saint-Christophe, la maison forte de Reignac et le manoir de la Salle à Saint-Léon-sur-Vézère.

Un 3e millénaire au féminin

Après avoir passé plusieurs années à occuper tous les postes de l’entreprise pour en connaître le fonctionnement sur le bout des doigts, Marie-Luce Touron – fille de Jean-Max et petite-fille de Gabriel – prend la direction de la Roque en 2000.

L’histoire de la falaise, ou du « vieux rocher » comme elle l’appelle affectueusement, se poursuit au féminin. Marie-Luce orchestre la construction d’un nouveau bâtiment d’accueil, met en place de nouveaux modes de visite, des animations, une communication digitalisée… et s’attache à la préservation de l’écosystème rupestre.

20 ans plus tard… Une 4e génération (trois se côtoient à flanc de falaise) se prépare à reprendre le flambeau. Marie-Alexia et Marie-Sophie – filles de Marie-Luce, petites-filles de Jean-Max et arrière-petites-filles de Gabriel – ont décidé de suivre les traditions professionnelles familiales. La première auprès des sites alentour et la cadette à la Roque même vont bientôt veiller à la destinée du site… Et élèvent une 5e génération en devenir.